Il est 22 heures 55, après de deux heures de débat où elle n'a cessé de s'enfoncer à mesure qu'un nouveau sujet est abordé, Ségolène Royal sort de ses gonds ! L'affreux, le méchant, le vilain Nicolas Sarkozy a osé parler du handicap. L'ancien premier flic de France s'est montré humain ! Mme Royal n'apprécie pas. On lui a volé la vedette. Elle se venge. Nicolas Sarkozy a atteint le "summum de l'immoralité politique".
Irrespectueuse, énervée, agressive, la candidate socialiste attaque, accuse, fait la leçon à Nicolas Sarkozy et au gouvernement auquel il a appartenu. Ministre déléguée à l'Enseignement scolaire de 1997 à 2000, elle déroule et se vante d'avoir lancé le plan Handiscol, plan qui aurait résolu tous les maux liés à la scolarisation des enfants handicapés selon elle – permettez moi d'en douter quand on sait que même pas la moitié des enfants handicapés sont scolarisés aujourd'hui.
Partir de bonnes intentions est une chose, mais arriver à des résultats en est une autre. Son ancien ministre de tutelle, Claude Allègre, s'est dit "très choqué parce que, hélas, elle n'a pas fait beaucoup de choses pour les handicapés". Lors de la mise en place du plan Handiscol, "il n'y a eu aucune mesure vraiment importante", "ça n'a pas été quelque chose de très efficace". Sentiment qui fut partagé à l'époque par toutes les associations de handicapés. Pour l'ancien ministre de Lionel Jospin, c'est Luc Ferry, ministre de l'Education de Jean-Pierre Raffarin, qui en aurait fait le plus en la matière. Claude Allègre se dit "outré de ça parce que ce qui a été dit, c'est des mensonges".
Rappelons aussi au passage que le président Chirac fit du handicap un des chantiers majeurs de son second mandat. Sous sa présidence, le nombre d'enfants handicapés scolarisés dans les écoles ordinaires est passé de 89 000 à 160 000. Entre 2002 et la rentrée 2006, le nombre d'auxiliaires de vie scolaire, dont Mme Royal disait que le gouvernement les avait supprimés, est passé de 4 700 à 8 388, soit une augmentation de 80 %.
Enfin, pour finir en beauté, rafraichissons la mémoire à nos amis socialistes, qui se permettent tant de nous faire la morale, qu'une loi datant du 11 février 2005 prévoyait l'inscription de droit des enfants handicapés dans l'école de leur quartier. Sous l'impulsion de Jacques Chirac, cette loi fut la deuxième grande loi sur les handicapés après celle de 1975. Toutes les associations ont salué cette avancée. Sauf Mme Royal et le Parti socialiste qui ont voté contre ce projet de loi.
Alors oui, Mme Royal, comme vous l'avez si bien dit mercredi soir, "jouer avec le handicap est proprement scandaleux". A bon entendeur...